Antoine d’Agata, Marseille, vos corps, etc.
« La marge est un mythe. Cette illusion de croire que l’extrême nous parle à partir d’une extériorité absolue... Rien n’est plus intérieur à notre société, rien n’est plus intérieur aux effets de son pouvoir que la violence. Autrement dit, on est toujours à l’intérieur. » Michel Foucault
Photographe, reporter de guerre, Antoine d’Agata, de l’agence Magnum mais surtout de lui-même, chef de file international de la prise d’images contemporaines, est né à Marseille en 1961. Marseille n’est pas un décor pour lui. Elle est son point d’origine, son vertige initial, la matrice d’un regard qui n’a jamais supporté la surface.
Dans cette ville fracturée, où la lumière semble toujours en lutte avec les ombres, là, dans les interstices d’une cité traversée de cris et d’errances, l’artiste s’est fait un œil pour les autres. Marseille, pour lui, n’est pas un sujet photographique : c’est un territoire intime. Il revient à elle comme on revient à une blessure ancienne. Pas pour la refermer, mais pour la rouvrir. Pour y inscrire les corps oubliés, les mêmes sans doute qu'il configure partout ailleurs : ces restes humains plus vivants que nous ; à la sublimation quasi mystique du vrai.

