Céline du Chéné, de la marge au passage : la révérence aux Autres
Dans les sous-sols du Moulin Rouge, une voix perlée surgit : celle de Céline du Chéné, amie, passeuse de vies, cabaret en clair-obscur. Entre silence, Hardy murmurée, créatures et fidélités, elle éclaire les marges d’une écoute qui sauve et d’un monde qui danse au bord.
Je rencontre Céline pour la première fois, alors que Sarah Olivier m'invite au Cabaret de la Barbichette, dans les sous-sols du Moulin Rouge. Je la découvre, calme, au micro de ce même cabaret. Une perruque de perles or, cuivre et blanc coiffe son visage d'un impossible discours. Pourtant, sa voix résonne, sourde puis claire entre les murs bleus de ce lieu hors du temps, et du jour.
J'écoute depuis quelque temps Message personnel de Françoise Hardy et Michel Berger. Comme tous les amoureux, cette chanson rallume mes soirs. Et je vois, soudaine, Céline du Chéné lancer au micro de la Barbichette :
Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a les mots que je ne dirai pas
C'est-à-dire que l'atmosphère soudain passa d'une couleur pour une autre, échangée par la destinée d'un être qui, dérangé par l'idée de travailler son image, nous renvoya la nôtre, de vie.

