Cristina Escobar : sensible est l'âme géographique
Avec Cristina Escobar, FUMAR MATA, mais la vie aussi. Pourtant, ce n’est pas vrai dans les premiers instants du regard. Du joli dessin aux recherches aguerries : dissocier le cœur du regard pour mieux revenir à l’être.
Je rencontre Cristina Escobar par l’intermédiaire de ses galeristes, la Galerie Olivier Waltman. Elle termine alors une résidence à Paris, en association avec le Palais de la Porte Dorée. Je ne découvre pas seulement une artiste à l'humour roulé de politique, mais une pionnière du sens avant le geste.
Cristina Escobar est une femme formée par l’exil et par la résilience, portée par une attention aiguë aux signes, aux objets, aux mots. Elle fume des cigarettes fortes. Au milieu de ses œuvres, dans la délicatesse presque suspendue d’un déjeuner, elle clame « Free Palestine », termine son verre d’eau, puis précise qu’ailleurs, Palestine signifie aussi province. Ce déplacement sémantique n’est pas anodin, il dit déjà son rapport au monde, déplacer les évidences, ouvrir les mots, habiter leurs fractures.