Noëmi Waysfeld : "Avoir les gens sur les genoux."
Écouter Noëmi Waysfeld, c’est s’arrêter au seuil du velours. Silence requis : elle murmure en yiddish, traverse Barbara, respire Schubert. Une voix disciplinée, rituelle, qui tient ensemble menace et grâce, fatigue et lumière, et fait du chant un lieu presque habitable.
J'ai rencontré Noëmi, plusieurs fois. Et je l'ai entendue chanter, autant de fois. Faire l'effort de l'écouter, c'est entrer dans un lieu de velours. Du moins, c'est rester sur le seuil du velours. Au fond : notre vue s'est enfoncée dans un espace des interdits. Mais nous n'y sommes pas. Là : c'est encore le rêve, le rêve et ses interdits. Il faut dire que le registre de Noëmi Waysfeld est fort de sa densité, car elle est vraiment musicienne, et c'est cela qui conduit l'essence d'un tout. Faites silence, elle murmure, en yiddish. Faites silence, elle conte Barbara. Faites silence, elle grave Schubert. Faites silence, elle respire sur vous.