Je rencontre Philippe Ramette : voix basse, monde de biais, chute suspendue, image qui tient. Un corps en costume pense plus loin que lui. Entre Vladimir Jankélévitch et Caspar David Friedrich, l’art demeure question.
Rien ne répond.
Philippe Ramette, Miroir à ciel, 1989 - 1990 œuvre en 3 dimensions 1 élément : 313(h) avec piétement 30 x 42,5 cm 1 Mat : 180 (h) avec piétement 54 x 54 cm Barre de bois circulaire se terminant par un plateau au bout duquel est disposé un miroir chargé de refléter le ciel, et l'autre coté une embout de laiton pour assurer la prise en main.
Je rencontre Philippe Ramette à la galerie Ceysson & Bénétière un soir comme un autre. Dans son humilité habituelle, il utilise régulièrement la parataxe pour s’adresser aux inconnus. D’ailleurs, il continue de me vouvoyer. Philippe Ramette est du côté de l’image qui ne parle pas très fort. Posé, proche de sa coupure, Philippe Ramette a l’être liminaire. Son œuvre poursuit ce pas de côté dans un monde et un temps qui n’ont ni lieu ni horloge. Ses sculptures monumentales, qui depuis quelques années investissent l’espace public, dont la plus récente sur les quais à Lyon, donnent à sentir une œuvre qui n’obtient jamais de réponse, mais qui fixe le paysage. Au fond, que cherche à nous dire Philippe Ramette, sinon qu’il fut ici et qu’il y restera... à observer, sans solution aucune, l'aporie d’un monde qui joue avec sa propre gravité.