Pierre-Elie de Pibrac : "Que cet univers devienne curieux de toi."

Rencontrer Pierre-Elie de Pibrac, c’est entrer dans un temps long. Photographe de l'étrange et étranger attentif, il travaille à faire impression du monde. Du Japon à Paris, son regard discret et son visage heureux recueillent la vie là où elle persiste : obstinée.

Pierre-Elie de Pibrac : "Que cet univers devienne curieux de toi."
Pierre-Elie de Pibrac

Je rencontre Pierre-Elie de Pibrac en novembre 2025, alors que Paris Photo reçoit ses premiers visiteurs. Arielle Wagner et moi-même nous baladions sans immense conviction parmi les accrochages du Grand Palais, quand émergea un travail sourd, sourd et précis, précis et lent : celui de Pierre-Elie de Pibrac. Je me souviens alors d'un homme agréable qui prend le temps du dialogue. Il nous donne vite à comprendre : Japon, lenteur, radioactivité, noir et blanc, qualité du papier. J'avais envie de le connaître. Ce 28 novembre, au Nemours, le photographe accepta mon invitation, à parler.

Entretien avec Pierre-Elie de Pibrac :

ML : Quel jour sommes-nous ?

PEDP : Aucune idée ! J'arrive à définir les lundis et les mardis, mais pour les dates…

ML : Ma première question te demande justement de remonter le temps… Tu n'es pas le premier photographe de la famille. Ton grand-père, Paul de Cordon, qui l'était aussi, a t-il été ton mentor ? Et si oui, comment ?