DOSSIER n°1 : l'irrévérence

DOSSIER n°1 : l'irrévérence
Céline du Chéné ©Christophe Abramowitz/ Radio France

Bienvenue dans un dossier qui ne se contente pas de regarder le monde :
il le fixe dans les yeux.

Blattes, Bible et maquillage : Jean-Luc Verna avant New-York
Chez Verna, la voix mène comme un sort. Corbeau rieur, icône charbonneuse, il parle d’art, de corps, de colère et de rire. Jules veille, Siouxie tourne, et dans la Villa des Arts scintille une douceur diabolique. On sort hanté, léger, marqué d’une ombre brillante.

Ce dossier consacré à l’irrévérence explore ce qui arrive lorsque la vie cesse d’être sage, polie, acceptable ; lorsque l’écriture refuse la résignation, la passivité, les angles arrondis. JE VOUS VOIS est un journal qui n’épargne rien : ni les violences du réel, ni les illusions collectives, ni les faux-semblants auxquels nous nous accrochons pour éviter d’affronter l’essentiel.

Ici, l’irrévérence n’est pas un caprice.
C’est une manière de se tenir debout.

Victorine [nouvelle noire]
Dans le train lancé vers le Sud, un père tombe, une enfant se relève. Victorine fuit la mort, court dans l’herbe jusqu’au sanglot du ciel. Au cœur du jour sang, une vache veille — et la vie, vacillante, continue de fleurir malgré l’ombre.

Pourquoi l’irrévérence ?

Parce qu’il y a des époques où se taire est une faute.
Parce qu’il faut, parfois, troubler ce qui dort.

Parce que la densité des êtres mérite éclairage.

ORLAN : “Je jouis quand on me dit que je suis belle”
Dans une salle baignée d’or et de soir, ORLAN apparaît : corps baroque, souffle insurgé, beauté renversée. Elle fabrique des vies, des cicatrices, des mondes. Entre colère pure et progrès rêvé, sa voix éclaire les ombres et sculpte la vérité pour qu’on n’en meure pas.

Ce que vous trouverez dans ce dossier

  • Des textes qui grattent la surface du monde
  • Des portraits irrévérencieux
  • Des fragments existentiels
  • Des surgissements de beauté

L’irrévérence, ici, n’insulte pas :
elle réveille.

Céline du Chéné, de la marge au passage : la révérence aux Autres
Dans les sous-sols du Moulin Rouge, une voix perlée surgit : celle de Céline du Chéné, amie, passeuse de vies, cabaret en clair-obscur. Entre silence, Hardy murmurée, créatures et fidélités, elle éclaire les marges d’une écoute qui sauve et d’un monde qui danse au bord.

Un journal qui refuse de se taire

Dans ces pages, j'interroge la vie avec la même intensité que je fouille la mort.
Apaiser ? Sans doute comprendre, ou du moins se tenir au plus près de l’exogène de l’empirisme — cet apport du vivant qui, selon Char, se meurt s’il ne fait pas usage du trouble, nous confie Frédéric Martin, invité pour ce dossier.

Frédéric Martin : “Je lègue le silence au monde”
Dans le silence massif du monde, Frédéric Martin lègue ses incompréhensions, la douleur et la beauté mêlées. Entre barbarie et lumière, il cherche l’éclair fragile où l’existence respire encore. Au cœur du néant, un instant : la vie recommence.

JE VOUS VOIS est un journal où l’on lègue : l’incompréhension, l’absurdité, les ruines, les cicatrices du monde, mais aussi la lumière.
Toujours la lumière, même infime, même tremblante.

Pour qui ?

Pour celles et ceux qui veulent lire autrement.
Pour celles et ceux que le silence du monde oppresse.
Pour celles et ceux qui savent que la création n’est pas une décoration mais une respiration.
Pour celles et ceux qui cherchent une parole qui ose.

Elle déteste la terre et les bavards : Nina Childress, presque immortelle
Sous la Coupole, Nina Childress scintille : enfant de l’eau, icône post-punk, peintre des visages célèbres qu’elle traverse comme des lumières. Autoritaire et irisée, elle avance, mêlée de silence et d’apparitions qui résistent au temps, sans doute ?

En un mot :

JE VOUS VOIS s'applique à dire.
Ce dossier consacré à l’irrévérence en est la preuve :
un appel à regarder, à penser, à ressentir — fardés, apeurés, mais sans excuse.

L’écrivain qui fume la mer : Simon Johannin à Marseille
Simon Johannin écrit comme la mer cogne : fureur, éclats, absences. Marseille le traverse, l’arrache, le polit. Dans ses mots : des crabes, des soleils, des restes, des fils noués. Un être mouvant, libre, dispersé, tenant debout entre colère, eau et lumière.

Vive l'Art, chers vous !

Matis Leggiadro, rédacteur en chef